Ce terme de "Défense Passive" est exclusivement lié à la Seconde Guerre Mondiale. Les premières instructions n'ont été transmises aux maires de France qu'à la fin de l'année 1931. A la veille du conflit, en 1938, cette dénomination est enfin véritablement employée.
Dans toutes les communes de plus de 2 000 habitants, une brigade doit être constituée afin d'assurer la protection des populations en temps de guerre et annoncer un certain nombre de mesures en cas de bombardements. Systèmes d'alerte (sirène), construction de réseaux souterrains (aménagement de caves, d'abris ou de tranchées) et l'information aux civils par différentes voies (affiches, radios...) doivent être mis en place.
Les archives des communes témoignent de l'activité de ces brigades.
Des instructions sont données aux maires par le biais de circulaires mais également par l'intermédiaire de brochures, de documentation. Certaines, dont le document ci-dessous, aident la population dans la reconnaissance des engins de destruction mais surtout les membres des brigades passives dans le désamorçage des bombes.
La direction de la Défense Passive homologue les différents types d'abris pour la population civile. Néanmoins, les autorisations ne sont délivrées que sous des conditions qui garantissent une protection absolue de la population sous abris.
Les demandes sont bien souvent accompagnées de schémas sommaires décrivant les lieux qui aident le service départemental dans l'instruction des dossiers.
Les courriers envoyés en Préfecture témoignent des conditions de proximité (10 personnes pour 4 m2 pour l'abri familial ci-dessous) que devaient endurer les citoyens durant les alertes.
Les membres de la Défense Passive doivent être clairement identifiés de la population. Une liste de ces membres est affichée afin de permettre la bonne marche des secours lors des sinistres (bombardements...).
Deux équipes coexistent :
- celle de la "sécurité générale" chargée de la prise en charge des blessés en coopération du corps des sapeurs pompiers
- celle du "déblaiement" chargée de l'enlèvement des décombres. Les membres de cette brigade portent un brassard pour permettre à la population leur identification et ne pas les confondre avec d'éventuels pilleurs.
Les autorités allemandes, à partir de 1940, contribuent elles aussi à la prise de mesures de Défense Passive. Des ordonnances et affiches sont apposés sur les places publiques. Le camouflage des fenêtres constitue la plus grande crainte des autorités occupantes car les lumières, vues du ciel, renseignent les troupes alliées et favorisent des frappes plus précises. Des mesures sont donc prises pour interdire à la tombée de la nuit toute lumière. En Flandres, les ordres sont établis en trois langues (français, allemand et flamand), ce qui témoigne de la persistance de la langue flamande dans le nord du département. Les incendies sont également redoutés des autorités occupantes. Les greniers doivent être vidés des objets inflammables.
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